Category: Livres,Romans et littérature,Littérature italienne
Le Chevalier et la mort Details
Le héros de ce récit _ sous-titré sotie _ est un commissaire de police dont le seul nom est l'Adjoint. Atteint d'une maladie mortelle, l'Adjoint se trouve confronté à l'histoire d'un mystérieux et menaçant billet que se sont échangé, au cours d'un banquet, deux puissants personnages. L'un des deux vient d'être assassiné; et la police se voit contrainte d'enquêter sur le compte de l'autre, avec la crainte d'aboutir... Mais ce crime n'est pas le seul effet du mystérieux billet: il semble qu'une véritable association subversive, les Enfants de 89, vienne de se former et ne puisse dès lors que grandir, comme un ultime mirage de sang, une effrayante et railleuse contribution aux célébrations du bicentenaire de la Révolution française. Alors que l'action s'amplifie en un puissant apologue, l'Adjoint revient sans cesse à la gravure de Dürer intitulée Le Chevalier, la Mort et le Diable (qu'il a transportée avec lui de bureau en bureau, durant toute sa carrière), comme si cette gravure recelait le secret de ce qui se passe autour de lui. Si ce n'est que, désormais, le monde semble pouvoir se passer du Diable. Peut-être parce que " le Diable était las au point de tout abandonner aux hommes, qui étaient plus doués que lui ".Leonardo Sciascia est né en 1921 en Sicile, où il a passé la plus grande partie de sa vie. Après de brefs récits de fiction, il invente un nouveau genre littéraire: le conte policier, récit satirique doublé d'une intrigue policière, d'une morale à sens politique dirigée souvent contre la mafia: Le Conseil d'Egypte, Le Contexte, Todo modo, etc. Il est mort en 1989.

Reviews
Leonardo Sciascia a inventé un nouveau genre littéraire: l'intrigue policière qui n'est que le moyen d'aborder un sujet moral, philosophique et/ou politique.Un commissaire de police dont le seul nom est l'Adjoint s'est rendu acquéreur de la gravure de Dürer "le Chevalier, la Mort et le Diable" qu'il a transporté de bureau en bureau durant toute sa carrière. Pour lui cette gravure recèle tout ce qui se passe autour de lui. Si ce n'est que de nos jours le monde semble pouvoir se passer du Diable. Peut-être parce que pense l'Adjoint (autrement dit l'auteur) "Le Diable était las au point de tout abandonner aux hommes, qui étaient beaucoup plus doués que lui".Cet Adjoint comme Leonardo Sciascia est atteint d'une maladie mortelle et ses jours sont comptés (le livre édité en 1988 en Italie a été publié en France en 1989, date du décès de l'auteur). Le livre est d'autant plus prémonitoire qu'une grande partie de l'intrigue repose sur le chiffre 89 (1789 ou 1989).Commencée sous la forme classique d'un roman policier (meurtre, enquête, personnages influents et mystérieux) l'?uvre se termine sur une description précise, sans être mélodramatique, de la douleur et des moyens pour la faire disparaître ou tout au moins de la reléguer au deuxième plan. Les rémissions permettent à l'Adjoint (Leonardo Sciascia) de faire le point sur ce qu'est une vie et sur l'importance qu'il y a à la vivre dans ses moindres détails et ce jusqu'à la fin, toujours imprévisible comme l'est la fin de ce récit dont je ne peux que conseiller fermement la lecture.


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